Wall Street : 3e séance de stagnation dans un étroit canal
Ce qui est assez troublant de la part du Nasdaq-100 (+0,44%) et du S&P 500 (+0,17%), c'est que les cours fluctuent au sein d'un étroit corridor depuis l'ouverture en forme de cassure baissière du jeudi 30 octobre.
Le S&P 500 n'est pas ressorti d'une fourchette 6870/6820 depuis jeudi 14h31, et le Nasdaq-100 reste lui aussi enfermé au sein d'une fourchette 25 730/26 030.
Le Nasdaq a bénéficié du soutien d'Idexx Lab (+14,9%), Micron (+4,9%) puis Amazon (+4% à 254 dollars, nouveau record suite à un nouveau 'deal' impliquant OpenAI qui semble devenu un peu le centre de gravité des GAFAM, avec des contrats portant au total sur des centaines de milliards de dollars dont 38 MdsUSD avec Amazon/AWS).
Le même schéma se perpétue également depuis une semaine en termes de progressions indicielles à contrecourant du ratio hausses/baisses (les baisses l'emportant largement) avec un seul secteur réellement positif (la consommation avec Amazon), 4 secteurs plus ou moins à l'équilibre ou marginalement positifs, et 6 secteurs sur 11 dans le rouge, le Nasdaq progressant avec 61% de valeurs en repli et 3 sur 5 en baisse sur le 'S&P'.
Les chiffres du jour n'ont pas vraiment fait réagir les investisseurs sur le compartiment 'actions', et une légère inflexion à la baisse s'est matérialisée sur l'obligataire mais dans des proportions marginales.
Wall Street a découvert sans émotion l'indice ISM de l'activité manufacturière aux Etats-Unis qui révèle un ralentissement (inattendu) à 48,7 le mois dernier, contre 49,1 en septembre, alors que les économistes l'attendaient en amélioration vers 49,5.
Un autre indice PMI manufacturier publié presque simultanément, celui de S&P Global, est ressorti au contraire en progression à 52,5 au titre du mois écoulé, à comparer à 52 pour le précédent.
Le tableau semble toujours 'Goldilocks' aux investisseurs et les marchés d'actions américains affichent désormais une série de six mois consécutifs de progression, une performance qui pourrait être interprétée comme le signe d'un mouvement haussier durable, d'autant que la période de la fin d'année est habituellement porteuse.
L'élément clé, désormais, est de savoir si les 'bulls' (acheteurs) bénéficient de cartouches pour continuer à aller de l'avant.
Et ces cartouches, c'est la Fed qui en détient la clé, avec la reprise de ses injections de liquidité sur le marché interbancaire (pas moins de 50 MdsUSD le 31 octobre : le 'shutdown' assèche en effet les liquidités détenues par les banques, avec des millions de fonctionnaires qui ne touchent plus de salaire).
Pour beaucoup de stratèges, la voie de la hausse est dégagée jusqu'au début de l'année prochaine, et les équipes de SG et UBS ont d'ores et déjà établi un objectif de 7300 pour le S&P 500 à horizon début 2026.
La première semaine de novembre est normalement marquée par une série d'indicateurs économiques, mais la fermeture de l'administration fédérale, qui a débuté le 1er octobre, devrait entraîner de nouveaux retards, voire des annulations de publications.
Rappelons qu'aucune solution au 'shutdown' ne semble en vue, et à moins d'un accord surprise -que personne n'anticipe- il semble bien parti pour être le plus long de l'histoire (plus de 5 semaines où des millions de fonctionnaires se retrouvent privés de rémunération).
Les marchés obligataires US se montrent peu inspirés par les ISM ou PMI, avec un T-Bond qui se tend de +1 point de base vers 4,115%, et le '30 ans' de +2 points de base vers 4,688%.
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